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L'enfant d'éléphant 01 R. Kipling


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L'Enfant d'Éléphant resta là trois jours assis, attendant que son nez diminue. Mais ce nez ne diminuait pas et même il le faisait loucher. Car tu as saisi et compris que le Crocodile, à force de tirer, en avait fait bel et bien une trompe, telle que tous les Éléphants en portent une aujourd'hui.

Vers la fin du troisième jour, une mouche vint, qui le piqua sur l'épaule ; et avant de savoir ce qu'il faisait, il leva sa trompe et tua cette mouche.

—        Avantage numéro UN, dit le Serpent-Python-Bicolore-de-Rocher. Tu n'aurais jamais pu faire ça avec un simple petit tronçon de nez. Essaie de manger un peu, maintenant.

Avant de se rendre compte de ce qu'il faisait, l'Enfant d'Éléphant étendit sa trompe et arracha un gros paquet d'herbe, en épousseta les racines contre ses jambes de devant, et se le tassa dans la bouche.

—        Avantage numéro DEUX ! dit le Serpent-Python-Bicolore-de-Rocher. Tu n'aurais jamais pu faire ça avec un simple petit tronçon de nez. Ne trouves-tu pas que le soleil tape dur ici ?

—        C'est vrai, dit l'Enfant d'Éléphant.

Et, avant de se rendre compte de ce qu'il faisait, il cueillit une motte de vase sur la berge du grand fleuve Limpopo et se l'appliqua sur la tête, où ça lui fit une belle casquette fraîche qui lui dégoulinait derrière les oreilles.

—        Avantage numéro TROIS ! dit le Serpent-Python-Bicolore-de-Rocher. Tu n'aurais jamais pu faire cela avec un simple petit tronçon de nez. Maintenant, si on te cognait, qu'est-ce que tu dirais ?

—        Fait'xcuse, dit l'Enfant d'Éléphant, mais cela ne me plairait pas du tout.

—        Qu'est-ce que ça te dirait de cogner quelqu'un ? dit le Serpent-Python-Bicolore-de-Rocher.

—        Ma foi, cela me plairait assez, dit l'Enfant d'Éléphant.

—        Eh bien, dit le Serpent-Python-Bicolore-de-Rocher, tu trouveras ce nouveau nez que tu as là fort utile pour cogner les gens.

—        Merci ! dit l'Enfant d'Éléphant. Je m'en souviendrai ; et maintenant, je crois que je vais rentrer à la maison. (...)

C'est ainsi que l'Enfant d'Éléphant retourna chez lui à travers l'Afrique, en jouant et folâtrant avec sa trompe. Quand il voulait manger des fruits, il les cueillait à l'arbre, au lieu d'attendre qu'ils tombent, comme il faisait auparavant. Quand il voulait de l'herbe, il l'arrachait du sol, au lieu de se traîner sur les genoux comme il faisait auparavant. Quand les mouches le piquaient, il cassait  une branche d'arbre et s'en servait en guise de chasse-mouches ; et il se collait une casquette de boue neuve, fraîche et dégoulinante, lorsque le soleil tapait. Quand il s'ennuyait de marcher seul à travers l'Afrique, il se chantait des airs dans sa trompe et ça faisait du bruit comme plusieurs fanfares. (...)

Par un soir tout noir, il rejoignit son excellente famille et, sa trompe roulée, il dit :

—        Comment vous portez-vous ?

Ils furent très contents de le revoir, et immédiatement répondirent :

—        Viens ici qu'on te cogne pour ton insatiable curiosité.

—        Peuh ! dit l'Enfant d'Éléphant. Je crois, mes braves gens, que vous n'y connaissez rien pour la chose de cogner ; quant à moi, c'est différent. Vous allez voir.

Alors il déroula sa trompe et jeta deux de ses parents cul par-dessus tête.

—        Oh ! Sac à bananes ! dirent-ils, où as-tu appris ce coup-là, et qu'est-ce qui est arrivé à ton nez ?

—        Le Crocodile, qui demeure sur les berges du grand fleuve Limpopo, lequel est comme de l'huile et gris-vert, m'en a fait cadeau d'un neuf, dit l'Enfant d'Éléphant. Je lui ai demandé ce qu'il avait pour dîner, et il m'a donné ça comme souvenir.

—        C'est vilain, dit son oncle poilu le Babouin.

—        Peut-être, dit l'Enfant d'Éléphant, mais pourtant c'est commode. Et, saisissant son oncle poilu le Babouin par une jambe, il le déposa dans un nid d'abeilles.

Alors ce méchant Enfant d'Éléphant se mit à cogner toute son excellente famille tant et plus, au point qu'ils finirent par avoir très chaud et à se sentir fort étonnés. Il arracha à sa grande tante l'Autruche les plumes de sa queue ; il prit son autre tante la Girafe par une jambe de derrière et la traîna par un buisson d'épines ; il fit des peurs à son oncle l'Hippopotame en lui soufflant des bulles dans l'oreille, pendant qu'il faisait la sieste dans l'eau ; mais il ne laissa personne toucher à l'oiseau Kolokolo.

À la fin, cela chauffa tellement que toute sa chère famille partit à la queue leu leu vers les berges du grand fleuve Limpopo qui est comme de l'huile, gris-vert et tout bordé d'arbres à fièvre, pour faire au Crocodile l'emprunt de nouveaux nez. Quand ils revinrent, personne ne cogna plus personne ; et c'est depuis ce jour-là que tous les éléphants que tu verras, sans parler de tous ceux que tu ne verras pas, ont des trompes exactement semblables à la trompe de l'insatiable Enfant d'Éléphant. (Retour au début du texte)

Rudyard Kiplin


  

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