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[LECTURE CYCLE III]
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[LECTURE CYCLE III]
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[Clotaire a des lunettes]
[La rentrée des classes]
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Clotaire a des lunettes !


- C'est le docteur, nous a expliqué Clotaire, qui a dit à mes parents que si j'étais dernier, c'était peut-être parce que je ne voyais pas bien en classe. Alors, on m'a emmené dans le magasin à lunettes et le monsieur des lunettes m'a regardé les yeux avec une machine qui ne fait pas mal, il m'a fait lire des tas de lettres qui ne voulaient rien dire et puis il m'a donné des lunettes, et maintenant, bing ! je ne serai plus dernier.

Moi, ça m'a un peu étonné, le coup des lunettes, parce que si Clotaire ne voit pas en classe, c'est parce qu'il dort souvent, mais peut-être que les lunettes, ça l'empêchera de dormir. Et puis c'est vrai que le premier de la classe c'est Agnan, et c'est le seul qui porte des lunettes, même que c'est pour ça qu'on ne peut pas lui taper dessus aussi souvent qu'on le voudrait... - Dis, j'ai demandé à Clotaire, tu nous les prêteras, tes lunettes, quand on sera interrogés ? - Oui, et pour les compositions ! a dit Maixent. - Pour les compositions, je vais en avoir besoin, a dit Clotaire, parce que si je ne suis pas le premier, papa saura que je n'avais pas mes lunettes et ça va faire des histoires parce qu'il n'aime pas que je prête mes affaires ; mais pour les interrogations, on s'arrangera.

C'est vraiment un chouette copain, Clotaire, et je lui ai demandé de me prêter ses lunettes pour essayer, et vraiment je ne sais pas comment il va faire pour être premier, Clotaire, parce qu'avec ses lunettes on voit tout de travers, et quand on regarde ses pieds, ils ont l'air d'être très près de la figure. Et puis j'ai passé les lunettes à Geoffroy, qui les a prêtées à Rufus, qui les a mises à Joachim, qui les a données à Maixent, qui les a jetées à Eudes qui nous a fait bien rigoler en faisant semblant de loucher, et puis Alceste a voulu les prendre, mais là il y a eu des histoires.

- Pas toi, a dit Clotaire. Tu as les mains pleines de beurre à cause de tes tartines et tu vas salir mes lunettes, et ce n'est pas la peine d'avoir des lunettes si on ne peut pas voir à travers, et c'est un drôle de travail de les nettoyer, et papa me privera de télévision si je suis de nouveau dernier parce qu'un imbécile a sali mes lunettes avec ses grosses mains pleines de beurre !

Et Clotaire a remis ses lunettes, mais Alceste n'était pas content.

- Tu les veux sur la figure, mes grosses mains pleines de beurre? il a demandé à Clotaire.

- Tu ne peux pas me taper dessus, a dit Clotaire. J'ai des lunettes. La la lère !

- Eh ben, a dit Alceste, enlève-les, tes lunettes !

- Non, monsieur, a dit Clotaire.

- Ah ! les premiers de la classe, a dit Alceste, vous êtes tous les mêmes ! Des lâches !

- Je suis un lâche, moi ? a crié Clotaire.

- Oui, monsieur, puisque tu portes des lunettes ! a crié Alceste. - Eh ben, on va voir qui est une lâche ! a crié Clotaire, en enlevant ses lunettes.

Ils étaient drôlement furieux, tous les deux, mais il n'ont pas pu se battre parce que le Bouillon est arrivé en courant.

- Quoi encore ? il a demandé.

- Il veut pas que je porte des lunettes ! a crié Alceste.

- Et moi, il veut mettre du beurre sur les miennes ! a crié Clotaire.

Le Bouillon s'est mis les mains sur la figure et il s'est allongé les joues, et quand il fait ça, c'est pas le moment de rigoler.

- Regardez-moi bien dans les yeux, vous deux ! a dit le Bouillon. Je ne sais pas ce que vous avez encore inventé, mais je ne veux plus entendre parler de lunettes ! Et pour demain, vous me conjuguerez le verbe : «Je ne dois pas dire des absurdités pendant la récréation, ni semer le désordre, obligeant de la sorte M. le Surveillant à intervenir. » A tous les temps de l'indicatif.


Le Petit Nicolas et les copains,
Sempé / Goscinny,


  

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