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Les femmes au XIX siècle

La paysanne :

Au milieu du siècle, dans une France encore aux ¾ rurales, les femmes représentent presque la
moitié de la population active agricole. Encore en 1866, 40% des femmes sont dans les campagnes,
contre 27% à l'industrie et 22,5% au service domestique. Au travail des champs s'ajoutent le travail domestique, mais aussi souvent des activités de lingère, repasseuse, couturière.

La bourgeoise :

Elle impose de plus en plus les normes de la famille normale. Les familles cherchent à nouer des
alliances par des mariages de raison. A la maison, l'épouse supervise le travail des domestiques
et s'occupe de l'éducation morale et religieuse des enfants. Les oeuvres de charité, les réceptions
chez les unes et les autres permettent aux femmes de se retrouver à l'extérieur de la maison.
Le monde ouvrier n'est pas insensible à ce modèle bourgeois, dans la seconde moitié du siècle :
l'ouvrier appelle son épouse " ma bourgeoise ". Il la souhaite au foyer : le travail des femmes
après tout est anormal, et il concurrence celui des camarades. La place des femmes est à la
maison... La ménagère représente un idéal de respectabilité. En 1898, la CGT, tout en souhaitant
l'égalité des salaires, précise résolument que seules sont "autorisées" à travailler les célibataires
et les veuves.

Entre paysanne et ouvrière :

Il y a d'abord les domestiques (33% des femmes actives en 1896) et les nourrices. L'urbanisation
et le mode de vie bourgeois offrent de nouveaux métiers dans la couture (passementières, chapelières),
la blanchisserie, le commerce. La révolution industrielle utilise la main d'œuvre féminine et enfantine,
surtout dans le textile, où se trouvent les ¾ des femmes travaillant dans l'industrie vers 1900.
Après les lois limitant le travail des enfants (1841, 1874), les femmes sont encore plus recherchées
dans les usines, dans des travaux répétitifs, longs, épuisants, très mal payés (les salaires féminins
resteront légalement inférieurs jusqu'en 1946), sous-qualifiés. L'enseignement technique s'adresse uniquement aux garçons, surtout après 1880, tandis que dans les programmes des écoles primaires
et des écoles normales de filles, l'État encourage les travaux de coupe (1880), d'aiguille et
l'apprentissage de la dentelle à la main (1903).
Les emplois de service se multiplient. Ces vendeuses, dactylos, demoiselles des postes,
sages-femmes, institutrices contribuent à légitimer le travail féminin.

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